(o.) ■'■'■'(.o) ■ ■ ■ (o.) ■ ■'■ (o.) ■ ■ ■ (o.)« Se voir le plus possible et s'aimer
seulement, sans ruse et sans détours,
sans honte ni mensonge, sans qu'un
désir nous trompe, ou qu'un remords
nous ronge, vivre à deux et donner
son c½ur à tout moment »
Alfred De Musset. Poésies.
(o.) ■'■'■'(.o) ■ ■ ■ (o.) ■ ■'■ (o.) ■ ■ ■ (o.)[ x ] & ils continuèrent leur chemin, main dans la main. La ville se dérobait sous leurs pas, ils marchaient d'un pas décidé. Où donc allaient-ils à cette allure ?! Ca, seuls eux le savaient. Ils échangèrent un regard on ne peut plus complice, suivit d'un clin d'oeil. Elle serra du plus fort qu'elle put, sa main dans la sienne. Il déposa un tendre baiser sur sa joue, et lui sourit. Ils marchaient de plus en plus vite. Le ciel, qui était d'un bleu azur éclatant s'assombrit soudain. Telles de grosses tâches de peinture, déposées par ci, par là, les imposant nuages sombres jonchaient désormais le ciel, devenu foncé. Le beau soleil disparut derrière cette masse de coton gris. Les deux adolescents avaient l'air ravis. Leurs sourires éclataient de plus en plus. C'était la fin de la journée, et la grosse étoile dorée descendit peu à peu le long de l'horizon. Il fallait faire vite! Ils accélerèrent, encore et encore, jusqu'à courir à grandes enjambées. Ses longs cheveux virevoltaient au gré du vent. Il la regarda amoureusement, telle une déesse. Il se mit soudain à pleuvoir. De toutes fines gouttes. Ses jambes lui faisaient horriblement mal, mais il ne renonça pas, il caressa sa main qu'il serrait toujours plus fort. Cela lui donnait tant de courage! Pas question d'abandonner maintenant. Non! La pluie de plus en plus battante, résonnait en tombant sur la route. Ils voyaient enfin le pont! Plus que quelques mètres et ils y seraient. Ils couraient maintenant à en perdre haleine. Peu importe, ils continuaient. Une fois sur ce fameux pont, ils ralentirent, puis s'arrêtèrent. Toujours main dans la main, ils reprenaient peu à peu leur souffle. La pluie, incessante, continuait de tomber. Ils s'accoudèrent à la rembarde, elle se serra contre lui et mit tendrement sa tête sur son épaule. Il passa son bras autour d'elle et la serra fort contre lui. Ils regardèrent le soleil quitter l'horizon. Les nuages s'estompèrent petit à petit pour laisser place à un magnifique ciel rose mauve. Ils se regardèrent longuement. Il déposa ses lèvres contre les siennes et l'embrassa fougueusement. Elle sentit sa main carresser tendrement ses cheveux et descendre sur sa nuque. Une kyrielle de gouttes coulaient le long de leurs visages. Ils étaient maintenants trempés, mais ça leur plaisait. Elle le regarda, émerveillée, et pleura à grosses et chaudes larmes. Grâce à la pluie qui continuait de dégouliner le long de son visage, il ne s'aperçut de rien, et sourit. Soudain, ses joues rosirent et elle essuya du revers de sa manche le noir qui coulait de ses yeux. Il prit sa tête entre ses mains et lui chuchotta : " Tu vois, ça, je veux le vivre des milliers de fois encore! Je t'aime! "